Suicide de notre collègue à Pantin. Dans l’Éducation, comme ailleurs, le travail ne doit plus tuer : appel à la grève pour le jeudi 3 octobre 2019

September 30, 2019

La CGT Educ'action Montpellier appelle à la grève le jeudi 3 octobre 2019.

 

Initiatives locales unitaire le 3 octobre :

Dans l’Hérault, devant le Rectorat de Montpellier de 12h à 14h,
Dans l’Aude, devant la DSDEN à Carcassonne et devant la sous-préfecture à Narbonne à partir de 17h30,
Dans le Gard, devant la DSDEN de 12h à 14h et à partir de 17h30 devant les circonscriptions
départementales,
En Lozère, devant la DSDEN et les circonscriptions départementales de 12h à 14h,
Dans les Pyrénées-Orientales, devant la DSDEN à partir de 17h30.

 

Lire l'appel unitaire dans son ensemble en cliquant sur l'image :

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SIGNER LA PÉTITION UNITAIRE EN CLIQUANT SUR CE LIEN

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Lire le communiqué national de la CGT Educ'action :

Pour ne plus revivre de tels drames !

Le suicide de notre collègue de Pantin est un drame insupportable. Les raisons de son acte, expliquées à ses collègues et son administration dans sa lettre, soulèvent l’émotion et la colère des membres de la communauté éducative.

Pour la CGT Éduc’action, ce courrier symbolise le rejet de la politique du ministère qui se fait trop souvent contre les personnels qui réclament le droit de faire correctement leur travail auprès des élèves et dans le respect de leur liberté pédagogique, des valeurs éducatives qu’ils portent et de leurs conditions de travail.

Pourtant, le ministère et l’institution dans son ensemble restent sourds et regardent ailleurs.

Nous devons à la mémoire de notre collègue, et à l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale, de ne pas laisser dans l’oubli son geste. La CGT Éduc’action exige du ministère de l’Education nationale et du gouvernement des réponses rapides à la souffrance des personnels et à leurs revendications légitimes.

Une intersyndicale nationale du premier degré aura lieu le mercredi 2 octobre et le jeudi 3 octobre se tiendra un CHSCT extraordinaire en Seine Saint Denis. L’intersyndicale 93 appelle les personnels du département à la grève ce jour-là et à manifester devant la DSDEN 93.

La CGT Éduc’action soutient cet appel et encourage toute initiative locale de grève et de manifestation prise en intersyndicale à cette occasion.

De plus, à la demande des organisations syndicales de l’Éducation, un CHST ministériel extraordinaire va également se réunir à une date inconnue pour le moment. La direction de la CGT Éduc’action, réunie le 27 septembre dernier, a décidé d’appeler l’ensemble des personnels à la grève le jour même de cette réunion du CHSCT et souhaite que cette mobilisation soit portée par le plus grand nombre possible d’organisations et de personnels.

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Lire le texte d'un militant de la CGT Educ'action Paris :

 

Briser les chaines avant d’être brisé·es

 

La directrice de l'école Méhul à Pantin (93) a mis fin à ses jours, quelques heures, quelques jours (?) après avoir rédigé un courrier officiel et non moins touchant.

Quelques réflexions, cette nuit, pour affronter l'émotion qui nous étreint.

Les instituteur·trices qui ont passé le concours de l'École Normale avant la réforme Jospin "signaient" pour partir à la retraite à 55 ans. Puis la réforme de 2003 leur a ajouté deux ans et une décote. Aujourd'hui il faut au moins aller jusqu'à 62 voire 63 ans pour une retraite à taux plein. Enfin, avant la prochaine réforme que nous concocte le gouvernement. Je ne parle même pas des professeur·es des écoles, recruté·es à un âge plus avancé avec un niveau d'études exigé plus élevé, et qui risquent de n’atteindre jamais la retraite à taux plein. Christine Renon avait 58 ans. À une autre époque, elle eût été à la retraite depuis trois ans !

Entre temps, le travail s'est considérablement complexifié, les tâches ont été alourdies. Les exigences aussi. Et la déconsidération pour le travail effectué n'a cessé de croître. Pire, la vision capitaliste de l'École achève de la vider du sens que les militants de l'éducation populaire essayaient de lui insuffler.

Quand nos politiques, les électeur·trices prendront-il·elles conscience du malaise de la profession, de la pression subie, inutile, néfaste pour les élèves comme pour les personnels ? Quand comprendront-ils·elles que notre métier, s’il est pris à cœur, use, et que repousser l’âge de la retraite est une aberration dans un pays où les dividendes n’ont jamais été si importants et où la richesse ne cesse de croître et d’être confisquée par un tout petit nombre de personnes ? Quand prendront-il·elles la pleine mesure de la souffrance au travail des personnels de l’Éducation Nationale ? Notre collègue a-t-elle raison de dénoncer un État coupable  – tacitement ou explicitement – d’imposer « de ne pas faire de vague et de sacrifier les naufragés dans la tempête » ? Qu’en pensent les gourous neuroscientologues qui ont fait du ministère de l’Éducation nationale le centre d’expérimentation de leur théorie éducative et imposent aux enseignant·es leur dénigrement de la recherche pédagogique, les dépossèdent de leurs savoirs – désormais externalisés – de leur expérience,  de leurs recherches, les privent de toute possibilité d’initiative et ferment toutes les portes autres que celle correspondant à leur vision étriquée et servile de l’École ?

Poser toutes ces questions est déjà y répondre.

Combien faudra-t-il de Christine, de tou·tes ces enseignant·es qui s'échinent par respect de leurs élèves mais qui n'en peuvent plus de constater ce que devient leur métier ? Pourront-il·elles supporter longtemps de se voir dépréciés, réduits au rôle d’exécutants, de variable d’ajustement de réformes qui se succèdent à un rythme effréné, décrédibilisant le service public, déboussolant les équipes pédagogiques, irritant les parents d’élèves ? Pourront-il·elles continuer à avaler des couleuvres, faire semblant de les digérer, qu’il s’agisse d’injonctions sur les méthodes, d’arguments faussés pour répondre à leur idéologie de classe, d’évaluations trafiquées ?

Christine Renon a mis fin à ses jours. Ce n’était pas qu’une directrice d’école, une enseignante. C’était un être humain. L’oublie-t-on, là-haut, dans les sphères du pouvoir ?

Je serais ministre de l’Éducation ou l’un·e de ses conseiller·ères, j’aurais honte. Je ne trouverais certainement pas le sommeil. Ni les mots pour m’adresser à la famille de notre collègue, à ses ami·es, aux enseignant·es de son école, à ses parents d'élèves, à ses élèves.

Mais je ne suis pas ministre, sans doute pas grand-chose, un petit directeur d’école qui essaie de faire au mieux son travail, qui y passe des heures, beaucoup d'heures, trop disent mes proches, avec le sentiment final de ne pas l’avoir accompli de façon satisfaisante et d'être parfois, souvent, passé à côté de l'essentiel, happé par de vaines tâches administratives imposées quand les aspects humains sont relégués au second plan.

Et si, collectivement, le plus bel hommage à rendre à notre collègue n'était pas de nous révolter, de dire non à tout ce qu’on exige de nous et qui est inutile pour nos élèves et nos collègues ? Si nous redéfinissions ensemble ce qui fait le cœur de notre métier, lui donne sens, si nous reprenions les termes de l’École à laquelle nous aspirons ? Si nous nous « contentions » de cela ? Pour enfin sortir de la « violence de l’immédiateté », comme l’exprime si justement notre collègue dans sa lettre.

Pour une école de la vie, une école qui respecte la vie de ses personnels, qui leur redonne le goût d’enseigner, d’élaborer des projets, de bâtir un futur ?

Pour une école qui ne trie plus les élèves selon leur origine sociale, qui ne fait pas de l’utilitarisme ou de la sélection l’alpha et l’oméga de la scolarité, une école qui ne cède pas au consumérisme ambiant, à l’individualisme vers lequel nous pousse le système, mais, au contraire, une école qui brise les chaines de l’aliénation et valorise les pédagogies coopératives, solidaires, émancipatrices, humanistes, de celles qui élèvent enfants et adultes et qui placent l’être humain au centre sans le réduire à l’asservissement ?

Pour une école humaine…

Henri BARON

Paris, nuit du 25 au 26 septembre 2019

 

 

 

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