Sauvons le train de primeurs Perpignan-Rungis !

August 25, 2019

Après l'annonce de la fin du « train de primeurs » Perpignan-Rungis, la CGT se mobilise et maintient la pression pour exiger les investissements nécessaires à la poursuite de cette liaison ferroviaire, qui répond à une nécessité sociale et climatique.

 

 

Vendredi 12 juillet 2019 avait lieu, devant le ministère de la Transition écologique, la remise du grand prix du « pollueur 2018-2019 et défenseur du lobby routier », par une délégation d’une cinquantaine de cheminots et membres d’associations d’usagers. Malheureusement, la vainqueure du trophée, Élisabeth Borne, n’était pas présente pour la remise en main propre de son prix, sûrement plus occupée à effectuer une nouvelle opération de communication sur l’avenir du « train de primeurs » reliant le marché d'intérêt national (MIN) de Perpignan à celui de Rungis...

 

 

Le Fret SNCF, anciennement SNCF Marchandises, désigne l’activité de transport ferroviaire de marchandises. À Perpignan, la plate-forme logistique de fruits et légumes Saint-Charles International est l’une des plus importantes d’Europe, avec ses 200 000 m² d’entrepôts climatisés. Chaque année, 1,6 millions de tonnes de fruits et légumes transitent par ce pôle (1 million au MIN de Rungis), représentant 31 % des entrées et 24 % des sorties de fruits et légumes du pays (hors bananes).

Liaison aussi historique qu’emblématique, le « train des primeurs » Perpignan-Rungis est menacé depuis la fin mars et l’annonce de l’arrêt de l’exploitation de ce dernier au 15 juillet. Cette information a engendré une forte mobilisation – qui se poursuit – avec des initiatives organisées sur le territoire comme à Perpignan, Toulouse ou Paris. Alors que la ministre a tenté de semer la confusion dans la presse, la CGT le réaffirme : il n’y a pas de garantie sur la pérennité du « train des primeurs » entre Perpignan et Rungis.

 

La part modale du routier augmente, malgré l’urgence climatique

Le secteur des transports – qui représente 60 % des émissions de gaz à effet de serre – doit être au centre des réflexions sur la lutte contre le réchauffement climatique. Or, la part modale routière ne cesse de croître tandis que celle du ferroviaire ne cesse de diminuer. Ainsi, la part du ferroviaire dans le transport de marchandise, qui représentait 14 % du trafic en 2006 – année de l’ouverture à la concurrence – n’est aujourd’hui plus que de 7 %. Cela prouve que l’autorégulation du marché et l’ouverture à la concurrence ne permettent pas de répondre aux problématiques environnementales auxquelles nous faisons face.

Si cette liaison devait disparaître, l’équivalent de 25 000 camions supplémentaires par an circuleraient sur nos routes, avec les dégâts considérables inhérents : augmentation de la pollution, de l’accidentologie et de la congestion du réseau routier.

 

Des questions de coûts et d’emplois

L’avenir du train des primeurs est conditionné à l’achat de nouveaux wagons, ayant un coût de 25 millions d’euros que Fret SNCF ne veut pas supporter. Pourtant, l’arrêt de cette liaison soulève également des questions sur l’emploi, car la position centrale du marché fruits & légumes de Perpignan Saint-Charles pourrait être remise en question au profit de Barcelone, avec comme conséquence plus de 6 000 emplois supprimés dont 3 000 emplois induits.

Pour la CGT, ces éléments illustrent l’aberration de l’organisation du système ferroviaire national éclaté depuis la mauvaise réforme de 2014. Toute la stratégie du fret doit être revue afin de répondre aux nécessités sociales et climatiques. C’est pourquoi la CGT demande :

  • le maintien du train des primeurs et la remise en circulation du second train supprimé en 2016, l’investissement nécessaire à la rénovation et au remplacement à terme des wagons nécessaires au trafic ;

  • le respect des engagements issus du Grenelle de l’environnement en déclarant ce train « d’utilité publique » ou « d’intérêt national » ;

  • un plan de développement pérenne du transport de marchandises par Fret SNCF au départ de Perpignan Saint-Charles ;

  • une démarche commerciale volontariste et ambitieuse permettant le développement du transport de marchandises par Fret SNCF en direction du MIN de Rungis et, au-delà, des MIN du pays en liaison avec les ports ;

  • cela passe nécessairement par la réouverture des chantiers multimodaux de Perpignan et Rungis.

D'ores et déjà, la CGT travaille à une mobilisation interprofessionnelle d’ampleur pour le fret ferroviaire public à la rentrée. Pour que le service public ferroviaire demeure efficace, économe et écologique !

 

 

 

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