Sur les évaluations nationales en CP

January 18, 2019

Dans une lettre adressée au ministre de l’Éducation nationale le 14 janvier, le SNUipp-FSU, le SE-Unsa, le Sgen-CFDT, le Snudi-FO, la CGT-Éduc’action et SUD-Éducation demandent ensemble l’abandon de la deuxième phase des évaluations CP prévue fin janvier.

 

La CGT Educ'action Montpellier, en cherchant l'unité (comme dans le 34, voir le courrier ci-contre) appelle à ne pas faire passer ces évaluations, dans un cadre collectif.

 

 

« La phase deux des évaluations de CP, dans la  continuité de la phase initiale, s'avère tout aussi inadaptée et présentera les mêmes travers. En excluant les enseignants des processus de conception, d’analyse et d’exploitation de ces évaluations, mais aussi en excluant toute remédiation issue des RASED, aucune réponse pertinente n’est apportée aux besoins identifiés. » 

Dans une lettre adressée le 14 janvier au locataire de la rue de Grenelle, les syndicats d’enseignants constatent que la deuxième phase des évaluations CP prévue pour fin janvier s’engage dans les mêmes conditions que la première. Or, qu'il s'agisse des finalités, des contenus, des conditions de passation, de saisie et de remontée des résultats, les enseignants remettent très majoritairement en cause leur pertinence et leur utilité.
Par ailleurs, « les résultats ne peuvent être considérés comme fiables et ne sont donc d’aucune aide aux enseignants sur les acquis des élèves. La saisie extrêmement chronophage ainsi que la dépossession de l'analyse des résultats n'ont fait qu'accentuer le malaise ressenti par les enseignants, réduits à de simples exécutants de tâches subalternes. »

 

Les syndicats interrogent également le ministre sur la manière de mener ces évaluations standardisées, pointant une grande confusion sur les objectifs qui nourrit des inquiétudes quant aux visées du ministère. « Si l'objectif est d'évaluer le système éducatif, nous disposons déjà de beaucoup d’évaluations nationales et internationales et des évaluations sur échantillon sont suffisantes, nul besoin donc de les généraliser. », souligne le courrier.
À moins qu’il ne s’agisse d’utiliser ces évaluations pour imposer des pratiques, réduire la liberté pédagogique, pourtant nécessaire à l’efficacité d’enseignements adaptés aux besoins des élèves, voire pour évaluer le travail des enseignants au travers des résultats des élèves ?

 

Les syndicats suspectent cette hypothèse. Et pour eux « Les premières pressions exercées par les corps d’inspection pour imposer telle méthode de lecture, l’usage d’un manuel, ou promouvoir des partis pris faisant fi de l'ensemble des résultats de la recherche n’ont qu’un but : imposer une idéologie pédagogique et mettre au pas les enseignants. »

Pour les organisations signataires, c’est inacceptable. Elles demandent donc à Jean-Michel Blanquer l’abandon de ce protocole d’évaluation.

 

Lire le courrier unitaire en cliquant sur ce lien.

 

 

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