Réforme de la voie professionnelle du lycée : pas un euro de plus pour les PLP, un appauvrissement de la formation et des suppressions de postes !

May 31, 2018

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Jean-Michel Blanquer prétend vouloir « viser l’excellence », faire des lycées professionnels des « Harvard du pro », en réduisant les heures d’enseignements, en supprimant des postes et sans mettre un euro supplémentaire pour la rémunération des PLP. Il n’y a toujours pas d’enseignement de la philosophie en lycée professionnel, à quelques jours des examens, la conférence de presse du Ministre aurait pu fournir un sujet complexe aux élèves : peut-on viser l’excellence avec toujours moins ?

 

Attaques en règles sur les postes et les enseignements disciplinaires

Au menu de la réforme annoncée la réécriture des grilles horaires de bac pro. Les nouvelles grilles horaires d’enseignement en bac pro reposeront sur trois blocs : des enseignements disciplinaires, des heures de co-intervention, une heure liée au projet d’orientation. Le tout dans un volume de 30 heures hebdomadaires de cours pour les élèves, contre 33,5 heures aujourd’hui pour les spécialités relevant de la grille 2 du BO spécial n°2 du 19 février 2009, et 34,5 heures pour celles de la grille 1. Soit, sur les trois ans du cycle, 294 heures d’enseignement en moins pour la grille 2, et 378 heures en moins pour la grille 1 : 9 à 11 semaines de cours en moins avec ce projet ! Après un an de formation en moins en 2009, voici près d’un trimestre de cours pour les élèves supprimé ! Si la co-intervention peut être bénéfique quand elle est mise en œuvre par des équipes volontaires, la financer en baissant les heures d’enseignement disciplinaires est un nouveau scandale contre les diplômes professionnels et les enseignant·es !

 

Enseignements généraux et professionnels affaiblis : une menace pour la qualité de la formation

La rénovation des grilles horaires s’accompagnera d’une réécriture des programmes : la vigilance s’impose quant à leurs contenus ! Les matières générales seront toutes touchées, ainsi que les matières professionnelles concernées par les regroupements dans des familles de métiers. En septembre 2019, trois familles de métiers seront identifiées :

-          Transports-logistique : avec notamment les bacs pros logistique et transport. D’autres spécialités pourraient être associées.

-          Bâtiment et travaux publics : avec notamment les spécialités travaux publics, gros-œuvre, intervention sur le patrimoine bâti (avec toutes les options maçonnerie, charpente…), ouvrage du bâtiment… 4 000 élèves concerné·es environ.

-          Commerce, vente, relations clients : avec notamment les spécialités vente, commerce, métiers de l’accueil (nouveau référentiel pour la spécialité ARCU). La spécialité gestion-administration ne serait pas intégrée à cette famille de métiers.

 

Cela va entraîner une déspécialisation des baccalauréats professionnels en phase avec les demandes du patronat en main d’œuvre polyvalente. C’est une dévalorisation de l’enseignement professionnel au prétexte d’améliorer le parcours d’orientation de l’élève. Pour promouvoir l’orientation des élèves encore faut-il que les différentes spécialités d’un même champ soient toutes enseignées dans l’établissement, que les rectorats aient les budgets pour financer des classes à effectifs fluctuants… Alors, ces secondes de détermination au bénéfice de qui : l’élève ou le patronat ?

 

Les PLP, une nouvelle fois non-revalorisé·es  

Toutes ces annonces préparent des suppressions de postes (dans cette lettre un article spécifique sur le plan social prévu pour les PLP éco-gestion administration). Le développement proposé de l’apprentissage menace les PLP d’annualisation du temps de travail pour accueillir des publics aux rythmes différents de formation dans une même classe. Les rénovations des programmes vont entraîner une charge de travail extrêmement lourde pour les PLP… Dans le discours, les PLP et les lycées pro sont précieux pour le Ministre. Pourtant, aucune reconnaissance financière : pas d’alignement de l’ISS voie pro sur la pondération des voies générale et technologique du lycée, pas de classements des lycées professionnels en éducation prioritaire (pas de primes, pas d’accès à la classe exceptionnel possible sur ce critère pour les PLP), pas de réduction d’effectifs par classe…

 

 La CGT Educ’action propose immédiatement une intersyndicale afin de défendre dans l’unité l’intérêt des PLP et de la voie professionnelle !

 

 

Réforme de la voie professionnelle :

rendez-vous manqué!


 

Ce lundi 28 mai, le ministre de l’Éducation nationale a présenté ses mesures pour la revalorisation de la voie professionnelle. Les annonces s’inscrivent dans le cadre défini par le gouvernement en matière de formation professionnelle et d’apprentissage : il s’agit avant tout d’organiser l’enseignement professionnel pour le mettre exclusivement sous la coupe du monde économique et professionnel. Il s’agit aussi de mettre la voie professionnelle scolaire au service de l’apprentissage qui peine à atteindre les objectifs chiffrés du gouvernement.

Dans son discours, il dit vouloir viser l’excellence et faire des LP des « Harvard du pro », mais les mesures annoncées vont conduire à un affaiblissement de la voie professionnelle sous statut scolaire qui se traduira par un appauvrissement des spécialisations, une déqualification des diplômes, un amoindrissement des enseignements généraux en raison notamment d’une baisse des volumes horaires pour les élèves.

En livrant la carte des formations, les diplômes et leur contenu aux branches professionnelles, l’orientation des futur·es lycéen·nes sera malheureusement conditionnée à l’adaptation de l’offre de formation aux seules réalités économiques locales. Les choix des jeunes engagé·es dans la voie pro n’en seront que plus limités.

D’autre part, l’allègement des grilles horaires, notamment en enseignement général, va rendre les poursuites d’études en BTS plus difficiles et appauvrir la culture générale. L’insertion professionnelle à l’issue de la scolarité ne sera pas davantage garantie. Les enfants des classes populaires voient donc leur horizon s’assombrir ! Le tout sur fond de tri social et de sélection généralisée à l’université.

Pour les personnels, dans le contexte d’austérité ambiante, les perspectives sont tout aussi sombres. La réorganisation des enseignements et des grilles horaires annonce des suppressions massives de postes ou des reconversions qui bouchent dès maintenant l’horizon.

Convaincue que l’avenir de l’enseignement professionnel nécessite un plan d’investissement d’ampleur et que ces annonces sont un grave danger pour l’avenir des élèves et des personnels, la CGT Éduc’action a convié l’ensemble des organisations à une intersyndicale dans la première semaine du mois de juin.

 

 

Lire aussi le communiqué de la CGT (confédération) :

Réforme des lycées professionnels

Peut-on viser « l’excellence » avec toujours moins de moyens ?

 

 

Lors de sa conférence de presse, lundi 28 mai, le ministre de l’Éducation nationale a présenté son plan d’actions pour la rénovation de la formation professionnelle en lycée. La voie professionnelle va connaître une des attaques les plus importantes de son histoire : suppression d’un trimestre d’enseignement sur les 3 ans du cycle baccalauréat professionnel, suppression de plusieurs milliers de postes d’enseignant·es, nivellement de la formation par le bas.

La CGT s’est toujours battue pour faire de la voie professionnelle du lycée une des trois voies de formation aux côtés des voies générale et technologique. La CGT porte le projet d’une scolarité commune jusqu’à 18 ans pour tout-es les élèves quel que soit le mode ou la voie de formation choisi, scolaire ou apprentissage. L’important pour la CGT c’est que les élèves soient au centre du dispositif de formation et puissent choisir leur parcours.

Dans son plan de communication, le ministère prétend « viser l’excellence », faire des lycées professionnels des « Harvard du pro » … quand la politique réellement mise en œuvre met sous tutelle du patronat la formation professionnelle scolaire et creuse l’écart entre le bac professionnel et le BTS. Cette réforme de la voie pro du lycée s’articule parfaitement avec la mise en œuvre de la sélection à l’université. Elle vise aussi à casser les diplômes nationaux permettant une insertion professionnelle liant qualification et rémunération. Dans ce projet, les enfants des classes populaires, surreprésentés dans la voie professionnelle, verront leur destin scolaire figé à la sortie du collège, sans perspective crédible de poursuite d’études post-bac. Et ceci alors que le niveau d’exigence affiché pour une première embauche ne cesse d’augmenter.

Le lycée professionnel doit permettre l’insertion professionnelle et les poursuites d’étude. Cela nécessite un plan d’investissement en faveur des élèves et des personnels : des contenus d’enseignement et des volumes horaires de formation permettant d’atteindre ces deux objectifs. C’est un enjeu de société.

Montreuil, le 29 mai 2018

 

 

 

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