Séances Plénières du CESER Occitanie des 26 et 27 octobre 2017 Explication de vote de la Coordination Syndicale Solidaires, de la FSU et de la CGT sur le projet d'avis du CESER Occitanie « Comment favoriser l’égalité des chances d’accès à l’enseignement supérieur en Occitanie ? »

November 7, 2017

Avant de vous donner notre explication de vote sur cet avis permettez-nous deux remarques liminaires.

 

Tout d'abord nous voulons nous arrêter sur le concept « d'égalité des chances » qui revient dans le titre de cet avis. Il nous fera  toujours réagir parce que nous avons le souvenir de sa première apparition en des temps et dans un discours de sinistre mémoire, il y a presque 80 ans, Sans faire de parallèle hasardeux nous mettons simplement en garde contre les dérives du langage et de la pensée qui précèdent ou accompagnent une idéologie ou une autre.

 

En effet, s’il est bien un principe fortement enraciné au cœur même de l’idée de démocratie, c’est bien celui d’égalité.  Pour peu qu’on s’y arrête une seconde, on comprend que remplacer subrepticement dans le vocabulaire politique et social le mot “ égalité ” par l’expression “ égalité des chances ” est une pure escroquerie. D’une part, comme si de rien n’était, cette expression qui évoque la ligne de départ d’une course à pieds vous installe au cœur d’un monde où tout ne serait que compétition, entre étudiant-es, entre universités, entre universités et grandes écoles. Accepter d’adopter cette notion interdit de fait d’envisager toute autre organisation sociale que celle que nous subissons, à plus forte raison une société fraternelle et solidaire. D’autre part l’idée même d’“ égalité des chances ” vise à justifier d’avance l’inégalité. En effet, tous ceux qui, dans un domaine ou l’autre, se trouvent en situation d’infériorité peuvent ainsi être présentés comme des gens à qui on a donné leur chance, mais qui n’ont pas su la saisir ; la société se résume alors aux règles simples de l’univers du western ou des jeux vidéo. On ne le répétera jamais assez : la chance, ou même “ les chances ” n’interviennent pas dans les mécanismes socio-économiques. Les facteurs qui les déterminent sont toujours beaucoup moins ésotériques, beaucoup plus tangibles... La lutte pour l’égalité, quant à elle, n’a que faire de “ chances ” par définition hasardeuses et individuelles : elle est un combat collectif, conscient et opiniâtre.

 

Contre « l’égalité des chances » aux relents méritocratiques, la CGT, Solidaires et la FSU ont toujours revendiqué l’égalité des droits, nous continuerons donc à affirmer qu’il faut améliorer les conditions d’étude et de travail partout et à tous les niveaux.

 

 

 

 

 

 

Ensuite, nous voudrions faire un lien entre cet avis d'octobre 2017 qui est soumis à notre vote aujourd'hui et un précédent avis (du Ceser Midi-Pyrénées) sur « Les sorties sans diplôme de toutes les filières de l’Enseignement supérieur » d'avril 2015 car les questionnements posés et les préconisations sont très sensiblement les mêmes et nous trouvons dommage de ne pas nous y référer, n'y d'en trouver nulle trace dans cet avis.

C'est ce que nous ferons pour notre part sans dénier le travail accompli par les membres de la commission, son rapporteur et le personnel permanent du CESER (chargé de mission et secrétaire) qui accomplit toujours un travail remarquable que nous ne manquons jamais de saluer.

 

Nous soutenons dans cet avis d'octobre 2017, comme dans celui d'avril 2015, les préconisations défendant les notions de : Renforcement de l'accompagnement de l'étudiant-e lors de la première année charnière- ce qui n’est pas son dédoublement, pluridisciplinarité et diversification des parcours, meilleure visibilité en amont des choix d'orientation et des passerelles entre les filières, valorisation des aptitudes et engagements (notamment culturels, sociaux et syndicaux…) des étudiant-es en dehors de leur cursus ainsi qu'une meilleure reconnaissance des différentes pratiques pédagogiques.

 

Néanmoins pour Solidaires, la CGT et la FSU la proposition la plus importante reste le soutien à la création d'une allocation d'autonomie pour les étudiants qui est une revendication constante de la plupart des syndicats étudiants et en particulier de ceux de Solidaires, de la CGT et proches de la FSU.

 

En effet, nous savons bien que la réussite dans les études supérieures dépend en large partie de la possibilité d’étudier sereinement et pour cela nous revendiquons, l’instauration d’une allocation d'autonomie pour l’ensemble des étudiant-e-s qui garantira un revenu suffisant pour vivre et étudier dans de bonnes conditions.

 

La réussite dans les études supérieures dépend également des modalités d’accueil des étudiant-es.  Or celles-ci se dégradent depuis plusieurs années. A titre d’exemple, les effectifs de l’université Jean Jaurès ont augmenté de 30% en cinq ans sans aucun moyen supplémentaire à la clé. Et la récente décision gouvernementale d’amputer de 331 millions d’euros le budget de la recherche et de l’enseignement supérieur en 2017 alors que les effectifs étudiants augmentent de 40 000 va accentuer cette dégradation de la qualité de l’encadrement et du travail des enseignants.

 

De façon plus globale il est pour nous essentiel d'exiger un réengagement financier de l’État pour stopper la libéralisation et la marchandisation de l’enseignement supérieur, pour une université publique, gratuite et ouverte à toutes et tous et donc sans tirage au sort ni sélection à l'entrée sur des prérequis imposés par un environnement socio-économique pour assurer une « employabilité ».

 

Il s'agit bien de défendre un savoir public, critique et émancipateur, contre le savoir-marchandise.

 

C'est bien d'une égalité de droits dont nous avons besoin.

 

Les réserves que nous venons d'exprimer tant sur le fond que sur la forme de cet avis, font que la CGT, Solidaires et la FSU voteront contre cet avis.

 

 

 

 

Please reload

Infos des élu.es

Pour tous les personnels de l’Éducation nationale : mutations 2019/2020

1/10
Please reload

Please reload

© 2014 CGT Educ'action Montpellier 

created with Wix.com