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Collège Blanquer : et de droite et de droite


Notre nouveau ministre semble devenir une coqueluche des médias. Il faut dire, et on ne peut que le reconnaître, qu’il maitrise son sujet, ayant été l’inspirateur des réformes les plus libérales des gouvernements Sarkozy en tant que haut fonctionnaire du ministère.

Il faut dire également qu’il sait enfoncer les portes ouvertes en alignant les poncifs habituels sur l’École, l’égalitarisme, les fondamentaux, l’autorité pour des médias demandeurs d’une pensée simple, quitte à ce qu’elle soit caricaturale.

Pourtant, le ministre, au-delà de ces interviews faciles, sait parfaitement où il va et quelle École il veut.Pour l’imposer, le ministère tente de jouer sur l’épuisement des personnels, fatigués par des « réformes » décidées sans eux voire contre eux, usés par des conditions de travail dégradées et une pédagogie institutionnelle qui se veut moderne mais tourne le dos au rôle émancipateur de l’École.Avec un slogan simple, la confiance, c’est pourtant un mélange inédit de conservatisme et d’ultra libéralisme qui constitue la potion amère qu’il s’agit de nous faire avaler.

D’un côté, le retour des « fondamentaux », de l’autorité incantatoire, de la sélection, de l’École ouvertement discriminante dans ses parcours.De l’autre, la mise en concurrence des établissements, des écoles, la logique de l’autonomie locale poussée jusqu’à l’idée affirmée que les chef-fes d’établissements puissent constituer « leurs » équipes, dans la droite ligne des réformes précédentes (lycées, collège, rythme…).

Enfin, d’un côté les attaques démagogiques contre la pédagogie (comme s’il n’en existait qu’une !) mais de l’autre le maintien du socle commun et de l’évaluation par compétences, pédagogie officielle au service du patronat et de l’orientation précoce, accompagné par la mise en avant scientiste des sciences cognitives au détriment de la liberté pédagogique.La réforme de la réforme du collège est un bel exemple de ce syncrétisme : retour des options et des bilangues, fin -ou presque- des EPI mais maintien de l’autonomie libérale et de son corollaire qu’est la mise en concurrence entre disciplines, entre collègues et entre établissements.Et ce n’est pas fini puisque s’annoncent les grands plans d’évaluation des établissements et de contractualisation des moyens, de la réforme de l’évaluation des personnels… le tout dans le contexte d’attaques sur les salaires des fonctionnaires et contre le monde du travail plus globalement.

L’École de Jean-Michel Blanquer est à l’image d’Emmanuel Macron : et de droite, et de droite.

Télécharger le "4 pages" de la CGT Educ'action en cliquant sur ce lien.

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