Rechercher
  • mbrabant

CAEN du 14 décembre 2015 : déclaration de la CGT


Nous ne pouvons commencer cette réunion qu'en faisant référence aux résultats des élections régionales du dimanche 13 décembre 2015.

Même s'il n'emporte pas la Région Languedoc-Roussillon-Midi-Pyrénées, le FN remporte un score très important et n'est pas passé si loin de diriger la Région. Cette situation est pour nous très inquiétante.

L'extrême droite est l'ennemi des travailleuses, travailleurs, des privé-e-s d'emplois et des retraité-e-s car c'est une mouvance politique anti-démocratique aux « racines » qui ont toujours été du côté des thèses racistes et fascistes. L'extrême droite a toujours été du côté des puissants de ce monde, contre les peuples. L'extrême droite est donc l'ennemie de la CGT. Le FN ne s'y trompe pas en s'en prenant aux enseignant-e-s militant-e-s de la CGT comme c'est le cas à Narbonne et à Beaucaire. Notre mobilisation contre l'extrême droite s'inscrit dans notre démarche quotidienne de débats avec les salarié-e-s pour démasquer la réalité du programme de l'extrême droite : ce programme est contraire aux intérêts des salarié-e-s, anti-syndical et de « préférence nationale », notion d'essence éminemment raciste, du FN. L'absence de réponses aux revendications des travailleuses et des travailleurs de la part du gouvernement, des partis politiques qui soutiennent les reculs sociaux voulus par le MEDEF, engendre une co-responsabilité de ces organisations dans la situation que nous vivons vis-à-vis de l'influence électorale du FN.

La construction de revendications, le développement des luttes sur les salaires, l'emploi, les conditions de travail, la défense de notre protection sociale pour gagner des avancées sociales immédiates est indispensable pour mettre fin à l'austérité et défendre et promouvoir l'égalité des droits pour toutes et tous. En gagnant un autre partage des richesses, nous améliorerons notre quotidien pour vivre et travailler ensemble.

Intervention sur le bilan de la rentrée

Concernant le bilan de la rentrée 2015 et en fait les perspectives pour les prochaines rentrées.

Vous constatez, à juste titre, un problème majeur concernant l'orientation post-troisième. Vous dites : « Comme chaque année, un certain nombre de candidats renoncent à leurs premiers voeux pour se tourner vers d’autres solutions : redoublement, privé, apprentissage. ». Nous constatons ainsi, en effet, une nouvelle augmentation (d'ailleurs supérieure aux prévisions) du nombre d'élèves dans l'Enseignement privé. Le Service public d'Education n'est pas à la hauteur. Pour des raisons idéologique présentées comme des raisons économiques, l'offre de formation globale dans le Service public d'Education n'est pas suffisante. Résultat, c'est le privé (que ce soit les CFA ou l'enseignement privé classique) qui en bénéficie. L’État laisse donc sa propre concurrence se développer. Nous devons enfin reposer la question de la fin de cette situation insupportable. Allons-nous arriver, comme à Nantes ou à Rennes, à la fermeture d'établissements publics au bénéficie d'établissements privés ? Nous n'en sommes plus très loin lorsque l'on voit à Sète l'utilisation de fond publics pour l'ouverture d'une école/collège privé dans les lieux mêmes de l'ancien collège public Victor Hugo. La CGT, avec le syndicat CGT-Enseignement privé (qui nous vous le rappelons dispose de sièges dans un certain nombre de CCMA, dont celle de Montpellier, et est donc une organisation reconnue par les personnels de l'Enseignement privé) revendique une nationalisation de ces établissements. C'est possible, on a bien vu la fusion, dans le cadre du Service public d'Education, d'un lycée agricole public et d'un lycée agricole privé, à Nantes.

Ce que nous disons là, nous le constatons concrètement pour les CAP des LP publics. Si nous voyons une relative stabilité des effectifs en CAP, qui provient d'un manque de dynamisme en ouverture de structures, nous constatons une augmentation très sensible du nombre d'élèves en CAP dans les LP privés… De nombreux élèves se retrouvent sans solution à la rentrée faute de places. Certains vont donc dans l'enseignement privé et l'apprentissage, d'autres se retrouvent en Bac Pro en grande difficulté. De plus, les élèves de SEGPA sont prioritaires pour entrer en CAP mais tous les CAP ne sont pas adaptés à ce public, il y a donc nécessité d'ouvrir des structures adaptées pour les accueillir. Globalement, vous l'aurez compris, nous profitons de ces constats pour demander l'ouverture de CAP sous statut scolaire dans les LP publics.

Il faut dire que notre sentiment est que le ministère de l'Education nationale et la Région font peu de cas des lycées professionnels publics. Il est clair que c'est la concurrence du Service public d'Education (les CFA et l'enseignement privé) qui sont privilégiés. A tel point que les seules ouvertures autorisées le sont en apprentissage, dont chacun reconnaît les limites pédagogiques et alors que chacun sait que le taux d'insertion dans la vie active est meilleure pour un élève sous statut scolaire que pour un-e- apprenti-e-. Mais les logiques dogmatiques et idéologiques ont la dent dure, quitte à ignorer que même le modèle allemand mis en avant est actuellement remis en cause par les allemands.

Dans cette logique, nous nous inquiétons de l'avenir d'un certain nombre d'établissements publics : ainsi, quel sera l'avenir du lycée Léon Blum à Perpignan alors que le projet de lycée des services à la personne est ignoré par le Rectorat et la Région ?

Mais sans doute, ce qu'il se passe réellement dans les établissements n'inquiète pas grand monde, tant que cela ne fait pas de vague. Mais comment accepter que des pratiques illégales aient lieu sans réaction de l'administration (un exemple : l'attribution d'IMP à des enseignant-e-s pour des face-à-face élèves). Même lorsque nous alertons sur les conditions de travail qui se dégradent, nous avons l'impression d'avoir en face de nous un mur sourd. Ainsi, le CHSCTA a été saisi concernant la suppression des postes d'infermerie d'internat, les conditions de travail des infirmier-e-s s'étant d'ailleurs dégradées provoquant de nombreux arrêt maladie (par exemple à Picasson Perpignan où il ne reste que 2 infirmier-e-s pour 2600 élèves, les collègues sont en arrêt de travail).

Intervention concernant l'enseignement agricole

Concernant l'enseignement agricole. Le 24 novembre 2015, les personnels étaient en grève à l'initiative de l'intersyndicale CGT-FSU-SUD-FO. Les revendications portaient sur l'exigence de la fin de la précarisation grandissante des personnels, pour la création de postes en nombre suffisant, pour des établissements publics devant avoir les moyens d'accueillir les élèves, pour une remise à plat de la réforme de la voie professionnelle et contre la remise en cause des statuts. Concernant la Région Languedoc-Roussillon, l'intersyndicale exigeait en plus une priorité donnée à l'Enseignement Agricole public, l'arrêt des dérives de management à l'origine de souffrance au travail pour les agents, des dotations horaires permettant d'honorer la totalité des vœux des élèves, l'amélioration des conditions de travail, le respect des textes, une transparence sur les conséquences de la mise en œuvre forcée de la réforme territoriale et le droit de visite d'établissement dans le cadre des CHSCTCREA.

Dans ce cadre, un rassemblement était organisé devant la DRAAF à Montpellier, avec demande d'audience auprès du Directeur.

Le Directeur de la DRAAF était absent de l'audience, car le ministre de l'Agriculture était à Montpellier. Lors de l'audience, les personnels n'ont pas été entendus. Pire, l'administration a conclu la réunion en affirmant que les personnels « n'ont aucune idée de la réalité du terrain ». Les personnels ont alors tenté de rencontrer le ministre de l'Agriculture, sans succès. Ce mépris pour les personnels est inacceptable et ne fait que confirmer le peu de cas du gouvernement pour l'Enseignement Agricole. La CGT continuera sa lutte pour défendre et développer l'Enseignement Agricole public et donc pour défendre et développer le Service public.

Intervention concernant le Campus des métiers

Enfin, concernant le projet de labellisation Campus des métiers : la CGT s'y opposera.

Ce label conjugue non seulement la mixité des publics mais aussi celle des parcours. La mixité des parcours et des publics est d'ailleurs une condition sine qua non pour l’obtention du label. Le patronat et le gouvernement nous expliquent, à travers diverses prises de positions, que la formation professionnelle initiale sous statut scolaire n’est ni assez réactive ni adaptée aux orientations et aux besoins des entreprises.

Les objectifs affichés par le gouvernement et le patronat dans le cadre de ces labellisations sont :

•avoir des « jeunes » à la disposition des entreprises en ayant la possibilité de les prendre ou de les rejeter en fonction de la performance,

• utiliser les plateaux techniques performants des établissements dans le but de développer, de réaliser et de commercialiser les concepts futurs pour en récolter les bénéfices,

• avoir la mainmise sur les contenus et les certifications des diplomes préparés en lien avec l’économie locale,

• instaurer un systeme de certification des formations qui soit continu et permanent avec des jurys professionnels.

En exigeant la mixite des parcours et des publics, le système est noyauté et amène progressivement

les lycées professionnels à devenir les outils au service de sa logique de rentabilite.

Nous ne saurions accepter cette remise en cause d’un enseignement professionnel sous statut scolaire qui a fait ses preuves et qui, si on lui en donne les moyens tant humains que matériels, saura mener a bien cette mission qui doit rester une mission de service public accessible à tous et toutes pour la réussite de tous et toutes.

#Région

11 vues

© 2014 CGT Educ'action Montpellier 

created with Wix.com